Bonjour chers lecteurs,
Cette lettre ouverte se veut être le porte-voix des gens qui se sentiront représentés par son contenu. Je ne suis qu'un étudiant au Secondaire, handicapé de surcroît. Malgré tout, je dénonce une situation qui a trop longtemps duré. Je dois vous avouer que je suis un fervent défenseur des valeurs indispensables à une société équilibrée : justice, honnêteté, droiture et démocratie. C'est sur ces principes que notre système de justice, si imparfait soit-il, a été conçu. Ce même système de justice repose sur des élus. Ces gens ont été élus par le peuple et pour le peuple. Pourtant, je suis, en ce moment, en train d'écrire une lettre parce que j'estime que le gouvernement n'a pas fait son devoir, aujourd'hui. J'ai été témoin d'une situation inacceptable, irrecevable. J'écris pour dire tout haut, ce que bien des gens pensent tout bas.
Je suis un patient du Centre des Soins et des Services sociaux du Lac des Deux-Montagnes. Aussi connu sous le nom de Centre Hospitalier Saint-Eustache. Par le plus pur des hasards, mes rendez-vous médicaux coïncidèrent avec la visite du très imminent chef d'État, monsieur Jean Charest. Bien que je ne pus avoir le plaisir de l'apercevoir, les barrages policiers autour de l'hôpital, ainsi que les quelques policiers quadrillant le périmètre, ainsi que ceux interrogeant les visiteurs, ainsi que les patients, au sujet des raisons de leur présence, suffirent à me faire comprendre une chose que l'on me confirma par la suite. Tout ce branle-bas de combat, était nécessaire à cause de la présence de monsieur Charest à l'intérieur de l'Hôpital.
Je vous écris seulement pour relater ce dont j'ai été témoin.
Premièrement, je ne pus m'empêcher de remarquer que l'Urgence était déserte. C'est là une chose incompréhensible car, la veille, il y avait là assez de gens pour allonger le temps d'attente des patients pour une durée impressionnante de vingt heures. C'est à se demander si monsieur Charest a le don de comprimer le temps?
Après avoir discuté avec les gens qui étaient présents, j'ai pu comprendre que les patients avaient été redirigés ailleurs dans l'hôpital et, par le fait même, retirés du parcours prévu de monsieur Charest.
Deuxièmement, les dirigeants de l'hôpital avaient fait ordonner que soient placées des chaises à des endroits stratégiques, dans les couloirs et d'autres racoins où, habituellement, il n'y a pas.
Vous pouvez maintenant comprendre mon désarroi lorsque, à la vue de tout ceci, je me suis rendu compte qu'on venait de jeter la Charte des Droits et Libertés par la fenêtre! Ne dit-elle pas : "par le peuple et pour le peuple" et ne garantit-elle pas à tous citoyens d'être traités dans des conditions équitables et dans un environnement agréable?
Je ne vois pas comment cette visite a pu servir les patients de l'hôpital dans le fait de se faire réveiller pour se faire relocaliser ailleurs, dans un endroit moins accueillant et plus loin du centre nerveux des Urgences. C'est à se demander si le gouvernement souhaite vraiment avoir un portrait représentatif de la situation, ou simplement voir ce qui fait son affaire pour le bulletin de nouvelles du soir?
En d’autres termes, la visite du Premier ministre a jeté de la poudre aux yeux de tous les téléspectateurs du Québec. Sa visite était ‘’arrangée avec le gars des vues’’. Ce n’est pas vrai que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes à St-Eustache. Mais, on s’est organisé pour paraître le mieux possible et recevoir les félicitations d’usage, et l’argent qui suit…
Je suggère fortement, à des personnes responsables du Ministère de la Santé, de se présenter, incognito, dans le même établissement. Les conclusions ne seront peut-être pas les mêmes. Mais cela ne fera pas d’aussi bons topos de 45 secondes à la télé.
Il faut aussi considérer le fait que bien des patients ont de la difficulté à se mouvoir. Aussi, il ne faut pas oublier que certains d'entre eux sont âgés. Je suis déçu d'avoir dû constater, à mon grand regret, que l'esthétisme avait pris le pas sur tout le reste. Il est vrai que, pour certaines carrières, il est important de bien paraître à la face du monde, n'est-ce pas?
J'invite donc, tous ceux qui se sentiront concernés par ces quelques mots à adresser leurs sentiments aux bureaux de monsieur Charest, ou bien, à ceux de son subordonné, le ministre-docteur Philippe Couillard. Je m’adresse tant aux patients qui ont été délogés et remisés, qu’à leur famille qui auraient eu connaissance de ce que je relate. Peut-être que si suffisamment de gens s'élèvent contre ces apparences, les choses vont changer.
Un handicapé vivant dans un monde imparfait,
Joel Roy
Roy87@sympatico.ca