FAUT-IL SE PRIVER DES OGM ?

La bonne vieille politique.

FAUT-IL SE PRIVER DES OGM ?

Messagede Jimmy Olsen le Sam Avr 19, 2008 7:48 am

La question est réellement importante parce qu’au-delà de l’aspect purement scientifique, elle nous place devant un choix philosophique et face au progrès qui n’est plus compris comme tel. Comme je l’ai tant expliqué sur mon blog d’information internationales www.jimmyolsen.skyrock.com. En France, depuis dix ans, les décisions publiques sur les OGM ont reposé sur des dizaines d’évaluations scientifiques du risque, non pas sur leur dangerosité, mais sur la perception du risque qu’en a la population. Dans les années qui ont suivi, de nombreux pouvoirs publiques européens ont suivi le modèle français. Ainsi, à travers cette stratégie, a été dévelopée une réaction transeuropéenne quasi épidermique envers les OGM. Aussi, les appréhensions des populations se sont nourries d’analyses scientifiques viciées. Et la situation se radicalise de plus en plus : les européens ne veulent pas d’OGM dans leur alimentation, ni voir des champs de blés transgéniques à proximité des cultures que nous pourrions alors qualifier, à tord, de bio. Si cette animosité se maintenait à ce niveau, non seulement elle serait compréhensible, mais légitime. Pourtant, le problème est qu’elle concerne également l’expérimentation en plein champ. J’entends par là non pas la culture intensive, mais la recherche empirique en plein air, condition quasi siné-qua-non à sa validité scientifique.

Depuis quelques années, le terme de « contamination » s’est également imposée dans l’esprit des populations contre toute logique scientifique. Cette anomalie sémantique s’est nourrie, à nouveau, d’études scientifiques traitant du facteur risque dans la perception des populations, mais également de la réthorique pas très pertinente, voir souvent, osons le mot, « d’imbécile » utilisée par de plus en plus de parlementaires. Le terme de « contamination » tel que compris dans cette perspective, pose un énorme problème. La contamination implique obligatoirement deux facteurs : le premier est celui de la diffusion d’un élément « contaminant » au-delà de son aire initiale et le second de transmission de cet élément qui est nocif. Dans le cas qui nous intéresse, nous pouvons à la limite reconnaitre que le potentiel de diffusion des OGM à des cultures dites « bio » est réel (et non pas encore prouvé, nous parlons bien ici de potentialité), mais celui de nocivité n’est nullement démontré. En effet, après plus de dix années de recherche scientifique sur le maïs Bt, aucune n’est parvenue à nous démontrer que les OGM sont bel et bien nocifs. Il s’agit d’une véritable question de logique. Ce produit (le maïs Bt), en se diffusant, deviendrait nocif puisqu’il ne le serait pas avant la dissiménation. Donc, la question n’est pas la nocivité pour les populations, mais une dissémination qui ne pourait pas être maitrisable. . Ce qui pose encore une autre difficulté : la dissémination est un phénomène largement répondu dans l’environnement. Il y a des millions de déssémination de toute sortes d’éléments génétiques à chaque minute.

Alors, qu’entend-t-on par « contamination » ? Il y a contamination lorsque des agents nocifs, infectieux ou/et toxiques (chimiques, bactériologiques, nucléaires…) sont disséminés au-delà de leur périmétre initial où ils devraient être confinés, entrainant des dommages sanitaires (importants ou pas). Or, tel n’est absolument pas le cas des OGM, comme, pour reprendre notre exemple, le maïs Bt, puisqu’ils ne peuvent acquérir d’effet nocif par le seul déplacement du lieu de culture d’origine à un champ voisin. Aussi, nous parlons bien de perception du risque par les populations, largement alimentée par des études que nous pouvons qualifier d’orientés et par des discours politiques flirtant avec le populisme le plus basique.

Il est un fait que ce phénomène largement irrationnel est récurant dans les sociétés européennes, et principalement française. Un nouveau produit est trop souvent perçu comme menaçant. Ce qui n’est pas connu n’est pas maitrisé, donc doit obligatoirement être interdit sur le principe… de précausion. Que cela soit justifié ou non, là n’est pas la question. Par ailleurs, il a été démontré qu’il existe une relation inverse entre le risque et les bénéfices perçus. Plus les bénéfices d’un produit sont considérés comme négligeables, plus la perception du risque que représenterait ce produit est élevée. Ainsi, dans les pays européens riches, la culture des OGM n’est pas perçue comme un acquis important. Le citoyen, étant avant tout un consommateur (puisque adoptant une position de consommateur sur le sujet), ne comprend pas que le maïs dit « traditionnel » largement produit en Europe (et protégé par la Politique Agricole Commune), puisse être mis en concurrence avec le transgénique puisqu’il n’y a pas de pénurie et que son prix demeure abordable. Puisqu’il n’y a pas besoin d’OGM, quantativement et qualitativement, pourquoi prendre le moindre risque, aussi hypothètique puisse-t-il être ?

Ce rapport à la nouveauté perçue comme négligeable est donc largement irrationnel et les craintes nourries au cœur d’un mouvement de résistance active renforce ce sentiment. En somme, c’est l’idée même de progrès qui est devenue quasi synonyme de menace. Et cela est des plus pénalisant pour les développements scientifiques et industriels de l’économie européenne. La vraie question que cela pose, est de savoir si les OGM ont des potentiels scientifiques, financiers et industriels prometteurs en Europe, alors que dans d’autres pays (Etats-Unis, Brésil, Australie…), ils font l’objet de toutes les attentions et bénéficient de financements dans des volumes hallucinants. Surtout que le monde vient d’entrer dans une période, sans doute longue, de pénurie des matières premières alimentaires entrainant une multiplication des révoltes de la faim à travers le monde. En d’autres termes, l’Europe paralysée par le populisme de certains gouvernements, prend un retard de plus en plus important dans la course à la compétitivité sur le marché mondial. Et tout cela à cause d’une perception d’un risque qui n’a jamais été démontré. En effet, lorsqu’on déclare qu’un produit est nocif, il convient de le prouver. La subjectivité n’a guère de place dans la démonstration scientifique. Il va y avoir des choix à faire et, surtout les assumer. Alors que l’Europe s’enferme dans une discussion d’enfants gâtés, l’Asie, l’Afrique et le Moyen-Orient commence à crier famine. (voir mon blog www.jimmyolsen.skyrock.com).
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